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Newsletter - Juin 2010 - Éditorial Les banques ne prêtent qu’aux riches ?

La question du financement d’un projet appelle un constat sans appel : ça passe ou ça passe pas. Imparable. Comme dans certaines émissions de télévision, soit on est élu, soit on est éliminé. On plait ou on plait pas. D’abord, quelle est donc la nature de cette intervention divine qui a le droit de décider du sort de votre projet si savamment peaufiné ? Un public, un comité sombre de financiers en cravate qui décident du monde, de votre projet en particulier, de votre laisser passer pour la réussite ?

En réalité, le résultat est bien un « non », un « oui », parfois un « oui mais ». Mais le processus de décision est un peu plus nuancé.

Tout d’abord, à moins d’entreprendre une révolution, l’usage se pose ainsi : les banques sont prudentes, pour ne pas dire frileuses, a fortiori envers certains secteurs d’activité où le taux de défaillance des entreprises est important (sic la restauration).

Pour passer le premier cap, celui de l’intérêt pour le banquier, l’apport en capital à hauteur de 30% de l’investissement est le minimum requis. Souhaitable même, y compris pour vous, entrepreneur. N’en déplaise à votre projet.
Quel est donc ce projet qui souhaiterait émerger si fort qu’il en oublierait d’appartenir, au moins en partie, à celui ou celle qui le nourrit ?
Si vous ne détenez pas au moins 30% du capital, pas d’entreprise. Il faut dompter l’animal. Votre temps est précieux. Et puis, ça tombe bien car la finance nous montre que, pour passer les caps difficiles, il faut pouvoir mobiliser de la trésorerie sans forcément recourir à la dette.

Maintenant que c’est dit, accordons-nous un moment de dépit : c’est dur de rassembler de l’argent. Parfois c’est irréalisable. Mais c’est encore plus dur d’en perdre. Et puis, c’est surtout dur au moment où vous passez votre projet à travers les fourches caudines de la faisabilité. Vous avez le choix du moment. Poser la question du financement revient à renoncer, se réjouir ou avoir peur selon les cas. Mais c’est toujours une réponse à un moment donné.
Un refus est aussi une opportunité pour revoir sa copie et la rendre une nouvelle fois encore plus parfaite.

Enfin, autorisez-vous de gagner du temps. Quand vous faîtes le tour des banques, inutile de présenter le business plan de 40 pages de NEO Engineering tout de suite. Une page de synthèse suffit. Seuls les meilleurs partenaires potentiels ont le droit de voir la totale. C’est comme à la télé, mais là, c’est vous qui éliminez !

Éditorial de Laurent PAILHES
Juin 2010


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